Église Saint-Martin (Deux-Acren)

D’autres lieux…

Deux coqs

Deux-Acren, c’est une église Saint-Martin étrange puisque le clocher est surmonté de deux coqs. Deux raisons à ce phénomène sont avancées :

• Naguère, le village était scindé en deux parties : Grand-Acren et Petit-Acren. Chaque partie avait sa propre église, Saint-Géréon et Saint-Martin, donc un coq à chaque clocher. Lors de la fusion des deux entités, l’église Saint-Martin supplanta Saint-Géréon et hérita des deux coqs.

• Si la tour romane de Saint-Martin, datant du XIIe siècle, est surmontée de deux coqs, cela s’explique parce que cette tour étant carrée et massive et, se terminant par une pyramide obtuse en charpente à quatre pans, la crête horizontale a reçu un gallinacé à chaque extrémité, ce qui existe (rarement, il est vrai) en région picarde.

En visite à Deux-Acren, c’est l’occasion de rappeler que le coq est un symbole majeur pour l’Église, car elle le considère comme l’emblème du Christ : lumière et résurrection, symbole solaire par son annonce du lever du soleil et symbole de la lumière naissante. Mais, le coq était aussi considéré comme un animal sacré dans maintes traditions, au point que chez les Latins celui qui tuait un coq était tout autant coupable que s’il avait tué son père !

Énigmatique statue miraculeuse

Dans une superbe chapelle de cet édifice, trône une Vierge couronnée portant un sceptre et tenant Jésus sur un genou. D’aucuns évoquent une Vierge Noire à son encontre, ce que réfuta le curé lorsque je rendis visite à sa statue miraculeuse. Qu’elle soit une véritable Vierge Noire ou non (comme à Walcourt), la dévotion à cette statue de la Vierge en majesté assise reste vivace :

« La Vierge Noire qu’on y vénère, taillée dans un bloc de chêne de près d’un mètre et qui date de la fin du douzième siècle a opéré, d’après ses historiens, de nombreux et extraordinaires miracles. Elle se mit à suer au début du quatorzième siècle des gouttes « aussi grosses que des perles et aussi limpides que le cristal » qu’on recueillit dans un vase d’argent en présence de nombreux témoins. Du sang coula aussi en 1346 de sa narine droite. On possède un linge blanc qui en est maculé, conservé dans une custode portant ces mots : SANG DE NOTRE DAME. »

Non loin de cette statue, un écrit renseigne davantage le visiteur ou le pèlerin : « La dévotion à Notre-Dame d’Acren est des plus anciennes. Déjà, le Pape Grégoire IV qui monta sur le trône de Pierre en 828, accordait des indulgences à ceux qui visiteraient la chapelle de Notre-Dame d’Acren. En 1612, le pape Paul V accordait de nombreux privilèges aux membres de la confrérie canoniquement établie sous l’invocation de Notre-Dame d’Acren. »

Ici, aussi, on peut penser qu’il y avait deux statues comme il y a deux coqs…

828 ? Pourtant, la statue de la Vierge, dite Noire, d’Acren date du XIIe siècle… Assurément, avec l’énigme du double coq, en voici une supplémentaire, sauf si les indulgences accordées par Grégoire IV ne se soient adressées à une statue remarquable antérieure à la présente, bien sûr.

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