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La légende de Marie la Misérable : Ermite et sorcière

Plusieurs versions sont données de cette légende séculaire. Au début du XIVe siècle, à Woluwe-Saint-Pierre, commune voisine de Woluwe-Saint-Lambert, vivait, sous le règne du duc Jean II de Brabant, une belle et jeune fille prénommée Marie. Habillée d’une robe de bure à l’instar des moines, elle portait sur le ventre un sac de cueillette de victuailles à l’intention des pauvres. Elle avait préféré vivre en ermite (au sein d’un cimetière, précisent certains en ajoutant qu’elle parlait aux âmes pécheresses de leur jugement dernier) et, de la sorte, renonçait au monde, dont les avances du riche chevalier d’Arken. Pour se venger de cet affront, il échafauda un triste scénario en accusant la jeune et jolie Marie d’avoir volé une coupe que le duc Jean II de Brabant avait offerte au seigneur de Woluwe. Arrêtée, après que l’objet eut été glissé subrepticement dans le sac aux victuailles, puis jugée par le prévôt et le bourgmestre en tant que vagabonde, voleuse et sorcière, elle fut enterrée vivante et ensuite transpercée d’un pieu, alors que le diable, dit-on, mauvais conseiller du chevalier d’Arken, avait réclamé le bûcher. Alors que ce démon fut jeté d’une tour voisine, de là où il assistait au martyre de la jeune fille, sur le pavé, le seigneur arriva, lui aussi, sur les lieux, mais il était trop tard pour éviter le drame. Mais il ne fut pas trop tard pour que justice soit rendue à Marie la Misérable : ses mauvais juges furent pendus, leurs vêtements servant ensuite d’épouvantails aux oiseaux afin de préserver le grain qui nourrit les chrétiens.

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